Monday, November 15, 2010

Chill-away

Bien le bonjour!

Ca fait très longtemps encore une fois que les nouvelles n'ont pas été publiées. Eh oui, tellement de mouvement, mais le temps ne semblait pas me faire de la place.... ou le contraire....bref, je suis désolée, rattrapons vite le temps perdu.
First, pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis au Chili. Voila, il vaut mieux établir la base quand-même, question d'éviter des regards perplexes et des questionnements inutiles. 
Comment me suis-je retrouvée ici? eh ben en bref, J'ai croisé une dame au Farmer's market a l'Île-du-Prince qui m'a dit comme ça: "Hey, I need an intern to go to Chile for 5 months for an exchange of island studies... are you interested?" et a moi de dire "euhh.......wow....." et suite a une brève mais sérieuse réflexion (quand-même intense la proposition tsé) dire "Ya, okay!"
Et maintenant qu'est-ce donc que je fais au juste? ben c'est de tsa qu'on va jaser!

D'abord, j'ai du faire deux types de travaux dans les maritimes. J'explique:
Travail de Terrain - Interviewer des Micmacs (peuple autochtone) qui vivent sur l'Île, parler de leurs traditions ancestrales, de leur connaissances de plantes médicinales, aller a droite a gauche faire des activités qui pouvaient nous faire mieux comprendre ce peuple, leurs modes de vie et où ils en sont maintenant (sweat-lodge, marche dans les bois, etc.)
Travail de bureau - Ici, c'était un peu moins stimulant. Je tenais un bureau (la pièce et non le meuble ( bien que le meuble soit dans la salle)) dans les couloirs de l'université du Prince Edward -Main floor 206 pour les curieux- où je pouvais m'occuper a toutes les activités de bureau universitaire imaginables : M'asseoir sur une chaire avec des roues devant un meuble en bois-plastique, regarder l'écran d'ordinateur parce que c'est tout ce qu'il y a devant toi; manger le bout de tous les crayons pendant que j'essaie de faire une recherche constructive;  être entourée d'une pile de livres et me demander quoi lire; avoir a ma droite l'imprimante et le fax, a gauche le scanner, en avant de moi deux computadores et en arrière, enfin, la fenêtre avec ses trois plantes. AH!
Après un mois de toutes les activités mentionnées ci-haut, il fut temps du grand départ. Je le fis accompagnée de Ivan, mon collègue de bureau et co-stagière dans cette galère, et Gaspard, ami français de Emerson qui s'est ajouté a l'équipe.

Le Jeudi quatrième jour du dixième mois de l'an de notre seigneur deux mil dix,  on débarque chez Cécilia, 571 Los Carrera, Castro, Chiloé, Chile. Cécilia va être notre maman chilote pour les mois a venir. Elle nous accueille dans sa petite maison, dont le toît est trop bas pour que je puisse bien m'étirer, où l'unique source de chauffage et de cuisine est le poêle a bois planté près de la porte, et où ma chambre donne sur une cour intérieur qui loge un pommier en fleurs. 
On a passé les premiers jours à se promener dans notre nouvelle ville, Castro, la Capitale de L'Ile de Chiloé, qui est au sud, just avant la Patagonie. La ville en tant que telle est assez... normale, c'est-à-dire comme toute petite ville avec ses pharmacies et son square qui rassemble les jeunes après l'école. Aux alentours, la mer et les grandes collines riches et vertes l'entourent et la dominent. A Chiloé, il pleut 300 jours de l'année, alors pas mal le seul avantage, c'est que le vert niaise pas, c'est du sérieux; et quand tu as la fortune d'un jour de soleil, eh bien ça brille dans tous les sens. Sinon, la statistique te force seulement a apprendre a aimer les nuages et leurs différents tempéraments et aussi à t'acheter un chandail (ou autre accessoire) de laine fait pas les bonnes femmes de la campagne. Alors vous commencez a vous construire l'image : les forêts et les prés verdoyants, et maintenant des petits moutons (source de la laine) broutant l'herbe sûrement délicieusement sucrée. Bien. Continuons. Ahora, sur ces pâturages vierges, imaginez une petite maison faite de plaquettes de bois, d'habitude d'une couleur vive a laquelle le temps a mélangé du gris. D'un côté de l'habitation, un jardin d'auto-subsistance, des oignons, des pommes-de-terres (plus de 250 variétés de patates natives de l'ile), des pois, des fraises.... Derrière ce jardinet, un lopin de terre fraîchement labouré par des boeufs et la patience de l'homme. De l'autre côté, un verger fleuri avec 15-20 arbres bien sages qui abritent les vaches et les moutons mentionnés ci-dessus. 
Maintenant que le portrait est complet, imaginez de milliers de répliques de cet habitat, à quelques variations près, qui déferlent devant vous qui regardez par la fenêtre du bus. Wow. Ah oui, n'oubliez pas aussi de visualiser toutes les vues différentes de la mer, et les sommets de volcans enneigés et majestueux des Andes dans l'arrière plan.  
Eh.

Nous allons au centre Mapu Nüke presque tous les jours. Ca signifie "mère terre" ou "mère nature" dans la langue des Williche, autochtones de l'Ile. Le centre accueil  la fin de semaine les habitants d'autour souffrants de maux divers. On les soigne avec des remèdes homéopathique a base de plantes indigènes qu'on trouve dans le Bosque (bois) en arrière, plantes médicinales étudiées et utilisées par les Williche depuis des milliers d'années. L'équipe de santé pratique aussi différentes médecines "alternatives" comme l'ostéopathie, la réflexologie et l'aromathérapie. 
Quelques jours par semaine, differentes classes d'enfants viennes nous visiter pour la journée. Plusieurs d'entre eux sont d'origine Williche, mais ne sont pas connectés avec leur culture, ils sont aussi souvent issus de milieux défavorisés. On commence la journée par un petit pain avec un jus a base d'algues (pour réincorporer ce super-aliment a leur diete) et de fruits. Ensuite, on va au local des chefs, plus haut sur la colline, où on discute un peu, puis rapidement, nous allons dans le bois, marcher en silence, regarder les arbres, les caresser, boire l'eau de la source "où toutes les eaux se rencontrent"...etc. Puis, on dine. Finalement l'après-midi, on joue dehors pour une couple d'heures, question de se défouler (ca fait combien de temps vous que vous avez joué à la tag?) et on fait des dessins de ce qu'on a le plus aimé. 
Même si le programme est comme la plupart des projets pour enfants au monde, même si ya rien de super innovateur, j'ai de la difficulté a vous décrire la beauté des enfants, les voir avec la nature, sentir leur mains qui viennent me tirer les pantalons en criant "tia!, tia!"..... Après des journées comme ça, j'ai pas le choix de me sentir pleine. 

Quand les enfants ne viennent pas, on travaille au jardin, a tourner la terre pour créer un répertoire des herbes médicinales traditionnelles, et où on peut aussi faire des démonstrations de préparations biodynamiques pour les fermiers qui vivent dans le coin. Un beau travail. Aujourd'hui, on a vidé toute la serre et on a commencé un petit compost d'herbes et de bouze! magnifique! En gros, j'ai l'opportunité ici de combiner toutes les choses qui me passionnent : travailler avec les enfants, travailler avec la terre, l'herboristerie, les relations humaines, étudier un peuple, apprendre les traditions culinaires, chanter, voir la mer......

Je crois que c'est assez pour cette fois. Je vous embrasse tous, et je pense a vous, vous pouvez en être certains. Et c'est pas parce que la vie est belle ici que ça m'arrive pas de m'ennuyer de Montréal et de me sentir seule. Et je suis désolée de ne pas avoir fait un chapitre "bouffe", mais tout ce que j'ai a dire, c'est : Pan, Papas y Carne. 

Sur ces mots, hasta luego.


2 comments:

  1. Glad to hear you arrived safe and sound. Thinking of you, my dear Marianne!

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  2. 21-12-2010...
    Que'l solsticio d'el verano te encuentra felice y
    llena de amor, my mas hermosa. Pienso a ti, y te
    mando muchos carignos!!

    Tu abuelo,
    TiK

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